Fake News : Comment les contrer en tant que particulier ?

Fake News : Comment les contrer en tant que particulier ?

Les professionnels des médias ne sont pas les seuls à être confrontés aux changements majeurs et aux nouveaux challenges liés aux flux d’information croissants de plus en plus complexes et incontrôlables.

Comment éviter les fake news ?

Les particuliers font eux aussi face à une information perturbée au quotidien et doivent apprendre à s’adapter à ces nouvelles sources et manières de s’informer ou… de se désinformer qui se multiplient.

En effet, la désinformation est une notion qui fait quasiment partie de notre quotidien depuis environ cinq ans. Pas un jour ne passe sans que l’on en parle à la télévision ou dans les journaux. Plus connu sous le nom de « fake news », également dans les médias francophones, ce phénomène touche bon nombre d’entre nous de manière assez régulière lorsque l’on consulte un journal ou un site internet, on regarde la télévision, ou encore, on écoute la radio.

Pourtant, d’un point de vue historique, il y a toujours eu de la désinformation (canulars, propagande, diffamation, croyances, parodies, etc.).  Ne dit-on pas que la rumeur est le plus vieux média du monde ?

Ce n’est que depuis 2017 que la terminologie « fake news » existe, année où elle a fait son entrée dans le Collins Dictionary qui en a fait son mot de l’année et qui la définit comme suit:

« une information fausse, souvent sensationnelle, diffusée sous le couvert de reportage ».

La généralisation de l’usage des mots « fake news » est directement liée à l’élection de Donald Trump en novembre 2016. Suite à cette élection, l’expression « fake news » a vu son usage augmenter fortement et souvent à tort par les médias du monde entier, dans un amalgame sulfureux entre discours haineux, propagande idéologique, rumeurs, tentatives de déstabilisation et erreurs journalistiques souvent dues à la précipitation.

Avec la crise sanitaire, les fausses informations ont connu leur avènement en explosant sur Internet. De la simple rumeur aux théories du complot, les fakes news se sont propagées plus vite que la pandémie. Basées sur la peur, l’émotionnel et la mauvaise connaissance initiale du virus, cette désinformation a même eu un impact très négatif sur la santé mentale et physique de certains internautes qui en ont été victimes, les plongeant dans un état d’anxiété constant.

Plus récemment, depuis le début du conflit russo-ukrainien, nous assistons sur Internet à un déferlement de rumeurs et de fausses informations de toutes parts. La stratégie russe repose depuis bien longtemps sur la maîtrise de l’information, mais le pouvoir ukrainien n’est pas en reste.  Les deux camps n’hésitent plus à faire usage des fake news afin d’influencer l’opinion publique internationale en relayant, notamment, des fausses informations concernant les combats en cours, des photos truquées, des unes de journaux falsifiées, etc. Malheureusement, la liste est encore longue.

Après analyse, on observe que la désinformation prend fréquemment et classiquement les formes suivantes :

  • Le détournement d’images et de vidéos pour illustrer des faits qui n’ont aucun lien ;
  • La création et l’utilisation de faux comptes pour salir la réputation d’une personnalité ;
  • La création et l’alimentation de faux sites visuellement très proches des vrais sites ;
  • La création et la diffusion de faux documents (fausses preuves) ;
  • Le lancement de fausses rumeurs basées sur des mensonges ou semi-vérités ;
  • L’utilisation de bots pour augmenter la viralité des messages.

Cette liste non exhaustive pourrait être rapidement complétée par d’autres techniques plus spécifiques qui se profilent.

Mais alors comment se prémunir contre les fake news quand on n’est ni analyste média, ni expert en faux sites web ?

Que ce soit pour raisons professionnelles ou privées, se tenir informé de ce qui se passe autour de nous et dans le monde reste essentiel. Face au flux d’information qui déferle sur nous en continu, il n’est pas toujours aisé de distinguer le vrai du faux, surtout lorsque le sujet dépasse notre domaine d’expertise.

Cependant, si l’on suit quelques mesures de prudence simples, il reste facile de s’informer tout en sachant repérer les fausses informations qui circulent dans les médias.

Voici 5 comportements à adopter contre les fake news :

1) Vérifier le format de l’information.

Est-ce un article rédigé en bonne et due forme ou, au contraire, quelques mots dans un post sur un réseau social ? Est-il publié sur un site internet méconnu ou au contraire sur le blog d’un journal clairement identifié ? En effet, les réseaux sociaux permettent de partager articles et renseignements sans les filtres des médias habituels et en ce sens sont la première source de désinformation.

2) Se renseigner sur l’auteur de l’article.

Est-ce un journaliste, une personnalité connue ou un expert reconnu dans son domaine ? Travaille-t-il dans le domaine sur lequel il écrit ?

Les experts du site Décodex lié au journal français Le Monde, qui compte comme une des références en la matière, conseille de partir du principe qu’une information donnée par un inconnu sur internet a plus de chances d’être fausse que vraie.

3) Regarder les sources que l’auteur a utilisées.

L’auteur de l’article cite-t-il ses sources ? Dans le cas contraire, il sera bon de recouper l’information avec d’autres médias pour vérifier sa véracité. Toute information sans source est à prendre avec la plus grande prudence.

De plus, même si l’auteur cite ses sources, ces dernières sont à prendre avec des pincettes et doivent être examinées à travers quelques questions :

  • La source est-elle digne de confiance ?
  • Quelle est l’intention de l’auteur ?
  • Dans quel contexte la source est apparue ?

4) Croiser l’information avec d’autres sources.

La même information est-elle publiée ailleurs, dans une source plus traditionnelle et fiable ? Si plusieurs médias fiables publient la même information tout en ayant d’autres sources, il y a de bonnes chances qu’elle soit juste. Au contraire, si l’on ne retrouve pas d’autre source pour cette information, la prudence est de mise.

5) S’adresser à un expert.

Heureusement il y a de nombreux professionnels des médias aptes à aider leurs concitoyens à repérer les informations douteuses. Les médias traditionnels (presse écrite, radio, télévision) et leurs journalistes restent la première valeur sûre contre l’information douteuse ou fausse. En ce qui concerne internet, il existe plusieurs sites web qui recensent les fausses informations et publient des articles à ce sujet, rétablissant la vérité, tels que : l’AFP Factuel, la cellule de fact-checking de l’Agence France Presse (AFP), ou encore HoaxBuster la plateforme collaborative contre la désinformation, etc. Pour finir, les professionnels de la surveillance et de l’analyse médiatique sont aussi de bon conseil contre ces fausses informations et éviter que cela n’entache un nom ou une marque.

La réalité de l’information est bien complexe et différencier le vrai du faux est parfois difficile tant les nuances sont nombreuses. Le flux d’information, même traité de façon professionnelle, diffuse des faits vérifiés, comme parfois des faits approximatifs. Il faut donc bien garder en tête de ne plus prendre chaque information donnée comme avérée mais bien veiller à exercer son esprit critique.

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